Baleines grises : une nouvelle plate-forme au large de l’île de Sakhaline fait craindre le pire
| 0 réponseRiche en pétrole, la région de l'île de Sakhaline fait l'objet de nombreuses convoitises qui selon les associations pourraient gravement menacer la survie des baleines grises
Le groupe énergétique Sakhalin Energy Investment Company, en partie contrôlé par le géant néerlandais du pétrole Shell, a annoncé la semaine dernière qu'il allait construire une importante plate-forme dans le nord-ouest du Pacifique, à proximité de l'île russe de Sakhaline.
L'équivalent de plus de 14 milliards de barils de pétrole pourrait être extrait de ce gisement. Encore plus hostiles aux forages offshore depuis l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon, les associations écologistes craignent pour la destruction de l'habitat des baleines alentours, déjà aux prises avec de nombreux projets analogues et qui pourraient se heurter, au propre comme au figuré, à un afflux supplémentaire de cargos. Il ne reste plus aujourd'hui que trente baleines grises femelles en âge de se reproduire dans la région, a également rappelé Alexeï Knizhikov, responsable du département Pétrole et Gaz du WWF Russie.
La nouvelle plate-forme sera la troisième de la zone, avec évidemment une augmentation des risques de marée noire et d'extinction d'une espèce de baleine pour qui elle est un point de passage obligé. Les baleines viennent en effet s'y sustenter l'été pour ensuite migrer vers le sud, aussi une quantité insuffisante ou un accès rendu plus difficile aux denrées pourraient-ils avoir des conséquences sur leur migration et par extension menacer leur survie.
La perspective d'une troisième structure au large de l'île de Sakhaline est une (mauvaise) surprise, la Sakhalin Energy Investment Company ayant d'abord estimé que deux auraient été préférables des points de vue écologique et de l'efficacité des opérations. L'étude d'impact réalisée par le Western Gray Whale Advisory Panel (WGWAP) était de surcroît basée sur ce premier avis.
Déjà à l'origine d'une vague d'inquiétudes mondiale en septembre, le sort des baleines grises paraît bien parti pour devenir l'un des chevaux de bataille des ONG dans la région. Dans la mesure où elles sont particulièrement exposées et où il n'y aurait plus aujourd'hui que cent trente spécimens, on peut comprendre leur colère.
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Crédit photo : flickr - marlin harms











