Le 13 juillet dernier, Greenpeace Chine, avec le soutien actif de nombreux bureaux à travers le monde, dévoilait la campagne DETOX, basée sur un nouveau rapport détaillant comment certaines grandes marques internationales travaillent avec des fournisseurs chinois qui polluent les rivières en rejetant des produits chimiques toxiques entraînant, entre autres, des problèmes hormonaux ou des cancers. Avec de graves conséquences sur l’environnement et la population qui utilise quotidiennement l’eau polluée de ces rivières.

Consulter le rapport ‘Dirty Laundry’ (Linge Sale) – en anglais.
Le week-end du 23 juillet, plus de 600 militants de Greenpeaceont entamé un strip-tease devant des enseignes Adidas et Nike dans 29 villes, réparties entre 10 pays. La manifestation s’est déroulée entre autres villes à Paris, Amsterdam, Pékin et Bangkok.
Greenpeace met la vérité à nue, Puma bouge
Le 25 juillet, la bonne nouvelle est venue de Puma : la marque de sport allemande a en effet publié sur son site internet une prise de position forte dans laquelle elle s’engage à lutter contre l’utilisation et les rejets de produits toxiques dans sa chaîne de fabrication.
Ce signal, de la part de la 3ème marque d’équipement sportif du monde intervient moins de deux semaines après le lancement de la campagne DETOX, et montre encore une fois ce qui est possible lorsque les activistes et les consommateurs exigent plus d’une industrie.
La première manche du défi DETOX est donc remportée par Puma qui envoie un message on ne peut plus clair à ses concurrents : permettre aux fournisseurs l’utilisation et le rejet de substances chimiques dangereuses n’est tout simplement pas acceptable !
Après Puma, la nouvelle est tombée le 17 août : Nike, la marque de sport n°1 mondiale, qui était directement visée par la campagne DETOX, s’engage à ne plus rejeter aucun produit toxique dangereux sur l’ensemble de sa chaîne de fabrication et la totalité du cycle de vie de ses produits. Nike se donne jusqu’à 2020 pour y parvenir totalement.
5 semaines, deux victoires !
Cet engagement clé de la part de Nike intervient cinq semaines après le lancement par Greenpeace de la campagne DETOX et du rapport Dirty Laundry (Linge Sale) Cette campagne fait suite aux résultats d’investigations ayant duré plusieurs mois auprès de plusieurs grandes marques internationales de vêtements, dont les deux géants Nike et Adidas. Leurs fournisseurs en Chine, la Youngor Textile Complex et la Well Dyeing Limited utilisent et relâchent des substances chimiques douteuses et toxiques dans l’eau.
Les engagements pris par Nike
Dans sa prise de position publique le groupe Nike déclare vouloir garantir une transparence totale vis-à-vis de tous les produits chimiques rejetés par les usines de ses fournisseurs, et s’engage à mettre à profit son influence, ses connaissances et son expérience pour mettre un terme à l’utilisation de substances chimiques dangereuses par l’industrie du textile. Il a également fait savoir qu’il publierait sous huit semaines un plan de mise en œuvre des mesures qu’il propose.
En s’engageant à « faire le ménage » dans sa chaîne de production, Nike a relevé le défi, et pris ses responsabilités de leader. Mais avant d’affirmer qu’il a l’étoffe d’un vrai champion, Greenpeace suivra de près ce plan de mise en œuvre et vérifiera que le groupe joint bien les actes à la parole !
Les autres marques doivent suivre !
Adidas ne doit pas être mauvais perdant et doit préparer la prochaine manche en prenant, elle aussi, des engagements de transparence et afficher sa détermination à lutter contre les rejets toxiques dans les eaux chinoises.
Abercrombie & Fitch, Bauer Hockey, Calvin Klein, Converse, Cortefiel, H&M, Lacoste, Li Ning, Meters/bonwe, Phillips-Van Heusen Corporation (PVH Corp), et Youngor : toutes ces marques figurent sur la liste des entreprises qui cautionnent ce type de pratiques. Il est temps qu’elles aussi prennent leurs responsabilités ! Le monde a besoin de plus de champions pour un avenir sans produits toxiques !
Entrez en action !
Dès aujourd’hui, partagez cette histoire autour de vous, pour rappeler, prouver, que mettre les marques sous pression fonctionne, et qu’ensemble nous pouvons gagner, qu’il y a une possibilité de façonner un avenir propre, sans produits toxiques !












Réponses
Detox : Adidas et Lacoste enfin dans la compétition !
Après Nike et Puma, c’est au tour d’Adidas et de Lacoste de relever le défi lancé par Greenpeace et de s’engager dans la voie d’un monde sans produits toxiques. Sur leurs sites Internet respectifs, les deux marques ont annoncé leur intention d’adopter une politique « zéro rejet », reconnaissant de fait qu’en matière de produits toxiques et dangereux, aucun niveau ne saurait être inoffensif pour l’être humain ou pour l’environnement. C’est un grand bond en avant et une excellente nouvelle pour la planète, ses habitants et ses rivières.
Les marques révèleront leurs plans d’action dans quelques semaines
Adidas a ainsi annoncé la mise en place d’initiatives ciblées, parmi lesquelles un programme visant l’abandon total des éthoxylates de nonylphénol (NPE), et le développement d’une collaboration avec tous ses fournisseurs à chaque étape de la production. La marque aux trois bandes a également accepté de garantir une transparence totale sur les substances chimiques rejetées par ses sous-traitants « pour toutes les usines » et « pour chaque année ». Mis à part son propre programme de mesures, le n°2 mondial des articles de sport s’est aussi engagé à mettre sur pied une approche entre les différents secteurs industriels concernés. Un programme reprenant l’ensemble de ces mesures devrait être dévoilé sous sept semaines. Ce qui devrait coïncider avec la présentation du programme de Nike… Une nouvelle compétition en perspective ?
De son côté, Lacoste entend elle aussi éradiquer totalement de ses chaînes de production l’utilisation des NPE et mettre en place un plan d’élimination progressive des rejets de substances toxiques. La marque française compte également participer à toutes les démarches de la filière textile au profit de la santé et de l’environnement.
Greenpeace « passe un savon » aux marques de vêtements
L’engagement d’Adidas intervient sept semaines après le lancement par Greenpeace du défi Detox et de la publication du rapport Dirty Laundry (« Linge sale »), synthétisant une année d’enquête sur la pollution des eaux chinoises.
La semaine dernière, dans un nouveau rapport (Dirty Laudry 2 – en anglais), Greenpeace publiait les résultats d’analyses effectuées en laboratoire sur 78 articles de 15 marques différentes. Ces articles ont été achetés dans des points de vente officiels, implantés dans 18 pays. Au total, 52 articles fabriqués dans 12 pays présentaient des résidus d’éthoxylates de nonylphénol (NPE) en quantités supérieures à la limite autorisée. Une fois les vêtements lavés, les NPE se dissolvent dans l’eau et se transforment en nonylphénol, un produit toxique qui peut, à terme, s’accumuler dans les sédiments des rivières et se retrouver dans la chaîne alimentaire.
Depuis que Greenpeace a exposé sur la place publique le « linge sale » des marques de vêtements, la « grande lessive » a commencée dans l’industrie du textile : d’autres marques, quoiqu’un peu à la traîne, semblent s’engager elles aussi. G-Star Raw, Uniqlo et la marque chinoise Li Ning montrent ainsi des signes de bonne volonté. Dans les prochaines semaines, Greenpeace continuera de faire pression sur ces groupes pour qu’ils renforcent leurs engagements et aillent encore plus loin dans leur démarche.
Avec vous, rien n’est impossible
Sans le soutien des militants et activistes de Greenpeace, qui se sont mobilisés pour demander aux grandes marques du textile de « faire le ménage » dans leurs chaînes de production, les victoires remportées aujourd’hui n’auraient pas été possibles.
Mais nous sommes conscients qu’il ne s’agit là que de victoires d’étape. Nous sommes engagés sur une course de fond, et la piste qui mène jusqu’à l’objectif « zéro déchet » est un marathon. Puma, Nike, Adidas et consorts doivent désormais traduire leurs engagements en mesures concrètes et ambitieuses, de façon à ce que des changements effectifs se fassent sentir le plus tôt possible sur le terrain. Comptez sur nous, Greenpeace restera vigilante !