Pour ceux qui en doutaient encore l'océan Atlantique est hélas bel et bien en train de devenir un concurrent sérieux à son pendant Pacifique au titre peu glorieux de poubelle du monde.
Au terme de plus de deux décennies de travaux des scientifiques de la Sea Education Association (SEA), de l'Université de Hawaï et du Woods Hole Oceanographic Institute (NDLR : Le plus grand institut mondial privé d'études océanographiques à but non lucratif) viennent ainsi de confirmer l'existence d'un vaste « continent » de détritus dans une zone située à la hauteur d'Atlanta (Georgie) et s'étendant entre 22 et 38 degrés de latitude nord. La concentration de déchets plastiques et d'emballages gisant à ciel ouvert serait comparable à celle observée dans la « Great Pacific Garbage Patch », gigantesque plaque de déchets dont la superficie équivaut désormais à plus du tiers du continent européen et qui semble impossible à éradiquer.
Au moins aussi vaste que le Texas, ce continent-ci s'est formé dans une zone où les vents sont faibles et où les courants s'enroulent dans le sens des aiguilles d'une montre, ainsi que l'avaient déjà souligné les chercheurs de la SEA fin février. Les rebuts peuvent en outre être prisonniers jusqu'à dix mètres de profondeur, voire plus, avec des répercussions bien sûr catastrophiques pour l'ensemble de l'écosystème marin (NDLR : les tortues et les albatros en particulier les ingèreraient massivement et verraient leurs parois intestinales de plus en plus obstruées) et par ricochet pour la santé humaine.
Solidement implanté, cet agrégat aurait commencé à se former en 1986 et fourmille de détritus dont le séjour prolongé dans l'eau s'est traduit par une fragmentation qui les rend difficilement décelables de loin. Les auteurs des recherches ont néanmoins pu collecter plus de soixante-quatre mille morceaux de plastique en six mille cent endroits différents et qui ont été répertoriés annuellement.
Aussi inattendu que cela puisse paraître la concentration de débris en plastique n'aurait pas augmenté depuis le début de l'étude, il y a vingt-deux ans, quand bien même les quantités de déchets ont considérablement crû au fil des années. La désastreuse perspective qu'ils disparaissent de la surface et deviennent de fait très difficiles sinon impossibles à collecter serait en revanche fortement envisageable.
Si on voit mal par quels moyens remédier à ce cataclysme environnemental il est encore possible de ne pas aggraver la situation. Il serait notamment de bon ton que les touristes et autres capitaines de bateaux prennent enfin conscience que l'Atlantique n'est pas un dépotoir.
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Crédit photo : Wikimedia Commons – Antoine Lacroix












