Quelle mise en valeur pour le Sénégal ?

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envoyée par
eauzone.tv
08/07/2010 08:05

La forte présence des ONG de toutes nationalités est incontournable lorsque l'on arrive dans le bassin du Sénégal: que ce soit au Mali, en Mauritanie ou au Sénégal, les panneaux indiquant la réalisation de projets pullulent à l'entrée de chaque ville et village. Le Sénégal, par exemple, est le pays les plus aidé du continent africain, recevant aujourd'hui l'équivalent de 100 US$ par habitant et par an*.

Le Sénégal au fil de l'histoire…

C'est au cours de la période coloniale que sont mises en place les premières structures communes de gestion du fleuve. En 1934 est créée la Mission d'Etudes et d'Aménagement du fleuve Sénégal (MEAF) puis en 1938 la Mission d'Aménagement du fleuve Sénégal (MAS) qui deviendra en 1959 un organe commun de mise en valeur du fleuve au service des trois Etats autonomes. En 1960, Sénégal, Mali et Mauritanie accèdent à l'indépendance. Trois ans plus tard, le 25 juillet 1963, les trois riverains, accompagnés de la Guinée où le fleuve prend sa source, signent la convention de Bamako pour le développement du bassin du fleuve Sénégal. Cet accord déclare le fleuve Sénégal comme « fleuve international » et crée un Comité Inter-états regroupant les quatre protagonistes. Le comité pose les bases d'une coopération régionale appelée à durer. S'ensuivent dans les années 1960 un certain nombre d'accords relatifs au statut du fleuve.

En 1972-73, un évènement climatique vient précipiter le processus de coopération. Le bassin est frappé par de grandes sécheresses. Les responsables des trois États riverains du fleuve Sénégal, décident le 11 mars 1972 d'unir leurs efforts dans le cadre de l'Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS). La Guinée, qui s'était retirée de l'OERS en 1972 de par une volonté d'isolement diplomatique et de grandes difficultés économiques, n'en fait pas partie. Les objectifs de l'OMVS visent principalement à réduire la vulnérabilité et accélérer le développement économique de ses états membres en améliorant les revenus des populations riveraines et en assurant leur autosuffisance alimentaire. En parallèle, l'organisation cherche à préserver les écosystèmes dans la sous-région et plus particulièrement dans le bassin.

La mission originelle de l'OMVS, telle qu'exprimée en 1972, est « la planification, l'exécution, et la gestion d'aménagements fluviaux dans le respect des écosystèmes ». Si le but a été annoncé d'une seule voix, les trois pays avaient, au moment de la création et dans une moindre mesure encore aujourd'hui, des intérêts relativement divergents. Le Mali, qui n'a pas accès à la mer, souhaitait par l'intermédiaire de l'organisation maintenir un niveau constant sur le fleuve afin de le rendre navigable. Les deux autres membres étant peu intéressés par cet aspect et sa réalisation étant très onéreuse, la navigation du fleuve Sénégal est restée depuis lors au point mort. Le deuxième objectif avoué du Mali était bien entendu la production d'hydroélectricité afin d'assurer le développement économique de sa population riveraine. Cet enjeu est d'ailleurs celui qui rassemble les trois membres. Mauritanie et Sénégal sont eux, plus particulièrement intéressés par le développement de l'irrigation comme moyen rapide d'améliorer les niveaux de vie.

Aujourd'hui, l'OMVS doit faire face à de multiples enjeux:
o La préservation de la ressource.
o La pauvreté des populations.
o Le manque de données.
o La diversité ethnique.
o Le lien entre deux objectifs de développement : le niveau local et le niveau national, qui aujourd'hui partent souvent dans des directions opposées.
o Le manque de préoccupations des gouvernements vis-à-vis de la société civile : enjeu qui tend aujourd'hui à s'améliorer.

Afin de faire face à ces enjeux, l'OMVS a mis en place plusieurs programmes, que vous pourrez retrouver dans l'intégralité de la Newsletter d'Entre Deux Eaux, Quelle mise en valeur pour le Sénégal ?

*(Source : « Accroître l'efficacité de l'aide au Sénégal », Jacques Morisset, Economiste principal de la Banque mondiale pour le Sénégal).