La 34ème session du Comité du Patrimoine mondial sous l'égide de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), qui se tient jusqu'à demain à Brasilia, est l'occasion de distribuer les bons et les mauvais points en matière de protection des plus beaux sites naturels de la planète.
Alors que la France se réjouit de l'inscription de la cité épiscopale d'Albi et du Parc national de l'île de la Réunion au Patrimoine mondial de l'humanité, d'autres sites ont quant à eux rejoint la liste des sites en péril. Parmi eux, la forêt d'Atsinanana (Madagacar) et les Everglades.
Le cas du parc floridien n'est malheureusement pas nouveau puisqu'il figurait déjà sur cette liste de 1993 à 2007. Situé à l'extrémité sud de l'Etat, il abrite le plus important écosystème de mangroves de tout le continent américain et constitue le principal lieu de nidification des oiseaux aquatiques d'Amérique du Nord. Les Everglades avaient été une première fois inscrits sur cette liste à la suite des dégâts causés par le passage de l'ouragan Andrew mais aussi en raison des problèmes de circulation de l'eau, qui avaient notamment entraîné un assèchement continu des marais. Les efforts entrepris pour restaurer le parc lui valurent ensuite de perdre ce statut de site en danger il y a trois ans. Las ! La dégradation du site « s'est poursuivie malgré tout », a déploré l'UNESCO, « à tel point qu'il montre des signes significatifs d'eutrophisation, de perte d'habitat marin avec, en conséquence, une diminution des espèces marines ».
Plus surprenant, cette inscription a directement été demandée par Washington. « Nous répondons à la demande même des Etats-Unis de réinscrire le site sur la liste des sites en danger », a confirmé Mariam Kenza Ali, membre de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Washington a également demandé une inspection complète de la zone marécageuse de quelque 6 100 km² par les experts du Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO et de l'UICN, avec pour objectif une évaluation impartiale pour arriver à la définition d'un état de conservation optimal du parc et au bout du compte à une sortie rapide de la liste des sites en péril.
33 sites en péril
D'autres sites aux richesses naturelles inestimables ont également vu leur état se dégrader. C'est notamment le cas de la forêt d'Atsinanana (Madagascar), espace de développement privilégié des lémurs, une espèce unique qui ne survit que dans le sud de la grande île. « La forêt tropicale d'Atsinanana est indispensable pour la survie de la biodiversité unique de Madagascar, où plus de 80% des espèces sont endémiques », a souligné Tim Badman, directeur de l'UICN. Or les récents troubles politiques qui ont agité « Mada » ont mis le pays sans dessus-dessous, ce qui a eu pour conséquence immédiate le développement de la chasse aux lémurs ainsi que l'augmentation « drastique » de l'exploitation illégale du bois.
Après moultes concertations, la vieille ville de Jérusalem restera par ailleurs dans la blacklist, qu'elle a rejoint depuis 1981. Les îles Galapagos, eux, l'ont quittée, tandis que la célèbre cité inca du Machu Picchu (Pérou) fera l'objet d'un « suivi renforcé » en raison des dégâts causés par les pluies torrentielles de février. La liste noire de l'UNESCO comporte actuellement 33 sites culturels ou naturels dont l'organisation a estimé qu'ils présentent un risque de dégradation important et immédiat. Le but est naturellement d'accroître le soutien international en faveur de leur conservation. En espérant que la lumière posée sur eux ne s'éteindra pas une fois achevée la session de Brasilia.
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Crédit photo : Flickr – http2007












