
Pajatén était un village de la jungle très prospère, qui s’enrichissait des échanges de produits et de traditions entre les peuples du littoral, des montagnes et de la jungle elle-même. Son climat propice aux cultures a permis à ses habitants d’atteindre un degré de développement économique, social et culturel.
La position du village, au sommet de la montagne, invitait à la retraite spirituelle et à l’expression, avec éminence, de l’architecture, du savoir et des croyances ancestrales andin-amazoniennes.
Mais un jour, par temps gris, toute la majesté culturelle et le bonheur des habitants de Pajatén ont été interrompus par le Basilic*. Ce reptile monstrueux s’est approprié le centre cérémonial de Pajatén. Lors de son incursion, il tua les gens de son regard, qui irradiait rayons de lumière brûlante. Beaucoup d’autochtones sont morts en essayant de défendre ce qu’ils avaient construit avec tant d’amour et par tant d’efforts.
Le pouvoir de la bête était pratiquement imparable et face à l’enfer déclenché par le reptile, les habitants durent fuir et quitter le village de Pajatén. Certaines familles se sont réfugiées dans la jungle, d’autres dans les montagnes ou sur le littoral.
Quelques natifs sont restés dans les alentours, avec l’idée de trouver une façon de vaincre ce monstre, jusqu’à ce qu’un jour, l’une des familles s'approche pour voir ce qui se passait dans le centre cérémonial et, à sa grande surprise, elle vit le monstre dans une lutte acharnée avec un serpent. Surpris d’être observé par les visiteurs, le Basilic mourut instantanément.
Le secret pour vaincre le Basilic était de poser son regard sur lui le premier, mais malheureusement, cette découverte arriva trop tard. Le village de Pajatén fût décimé ; il en reste seulement sa richesse architectonique avec ses bâtiments imposants et les paysages qui enveloppent sa mystérieuse histoire dans la jungle emmêlée.
La famille qui a réussi à voir et à vaincre le Basilic est encore parmi nous. Elle raconte cette histoire qui ne sera jamais oubliée et qui contribue à valoriser le fabuleux héritage andin-amazonien du Gran Pajatén.
*Basilic : Le basilic est une créature légendaire, souvent assimilée à un reptile, mentionné dès l'antiquité greco-romaine comme étant un petit serpent au venin et au regard mortel. Au cours du Moyen Âge, il fut plus souvent décrit comme un mélange de coq et de serpent et fut l'objet d'importantes superstitions, tant sur ses origines que sur ses pouvoirs d'empoisonnement et de pétrification.
Par Roldán Rojas Paredes
Version espagnole :
Por qué abandonaron el Gran Pajatén
Pajatén era un pueblo selvático próspero, que se nutría del intercambio de productos y de costumbres de los pueblos de la costa, la sierra y de la propia selva. Su clima especial para diversos cultivos permitió a sus habitantes alcanzar un alto grado de desarrollo económico, social y cultural.
La ubicación del pueblo, en la cima de la montaña, invitaba al retiro espiritual y era propicia a expresar con excelsitud la arquitectura, los conocimientos y las creencias ancestrales andino-amazónicas.
Pero un día gris, toda esa majestuosidad cultural y la felicidad de los pobladores de Pajatén fueron interrumpida por el Basilisco*. Este reptil monstruoso se había adueñado del centro ceremonial del Pajatén. En su incursión, mataba a la gente tan solo con la mirada que irradiaba rayos de luz quemante. Muchos murieron tratando de defender lo que con tanto esfuerzo y amor consiguieron construir.
El poder de esta bestia era prácticamente imparable y ante el infierno desatado por el réptil, los pobladores tuvieron que huir y abandonar el pueblo Pajatén. Algunas familias se internaron hacia la selva, otras hacia la sierra y la costa.
Los pocos naturales que quedaron por las inmediaciones, cavilaban la forma de vencer a este monstruo hasta que un buen día, una de las familias se acercó para ver qué pasaba en el centro ceremonial y con gran sorpresa, vieron al monstruo luchando ferozmente con una serpiente. Ante la sorpresa de ser observado por los visitantes, el Basilisco murió instantáneamente.
El secreto para vencer al Basilisco era precisamente adelantarle con la mirada, pero lamentablemente el descubrimiento fue muy tardivo. El pueblo Pajatén quedó diezmado y solamente quedó la riqueza arqueológica con los edificios imponentes del Gran Pajatén y los paisajes que abrigan su misteriosa historia entre la enmarañada selva.
La familia que logró ver y vencer al Basilisco está entre nosotros contando esta historia que nunca se olvidará y que sirve para valorar el hermoso legado andino amazónico del Gran Pajatén.
Roldán Rojas Paredes
Crédits Photo : Encyclopédie Encarta












