Six nouvelles zones protégées dans l’Atlantique

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zegreenweb
28/09/2010 10:36

Les forages en eaux profondes seront interdits dans l'Atlantique dans six zones d'une superficie totale de deux cent quatre-vingt cinq mille kilomètres carrés

La réunion ministérielle de la Convention pour la protection du milieu marin de l'Atlantique du nord-est (Ospar) a débouché sur la signature en fin de semaine dernière d'un accord qualifié d'« historique » par Jean-Louis Borloo.

À défaut de pouvoir prétendre à l'abrogation des pratiques pétrolières les plus controversées, l'épouvantable catastrophe écologique qui a découlé de l'explosion de la plateforme Deep Water Horizon le 20 avril dernier aura au moins amené les autorités à prendre des mesures préventives. Ainsi l'administration Obama, qui ne s'est pas laissée décontenancer par l'échec de son premier moratoire sur les forages en eaux profondes et paraît avoir tiré les enseignements de la dramatique catastrophe du Golfe du Mexique. En atteste l'annonce il y a quelques jours d'une nouvelle réglementation contraignante pour les groupes pétroliers, lesquels vont devoir démanteler les plateformes inoccupées et recouvrir les puits inactifs de « couvercles » définitifs dans le Golfe du Mexique.

Les pouvoirs publics américains ne sont néanmoins pas les seuls à chercher à se prémunir contre un autre « tsunami noir ». Désormais pleinement conscients du manque de garanties de certaines installations en mer du Nord et plus largement des nombreux risques inhérents aux forages en eaux profondes, les ministres de l'Environnement de seize États européens riverains et de la Commission européenne se sont en effet réunis à Bergen (Norvège) et ont paraphé vendredi un texte de la plus haute importance.

« Nous sommes capables de ne pas nous enfermer dans nos limites juridiques »

Il entérine en effet l'instauration de six aires marines protégées au-delà des juridictions nationales. Étendues sur deux cent quatre-vingt cinq mille kilomètres carrés, soit un peu plus de la moitié de la superficie de la France métropolitaine, lesdites zones limitent les activités humaines en leur sein dans l'optique de sauvegarder « une variété d'habitats et d'espèces d'eaux profondes vulnérables », ce qui eu égard aux inestimables (et sans doute au moins en partie irréversibles) dégâts provoqués sur les écosystèmes du Golfe du Mexique est une excellente nouvelle. « Le moment est historique. C'est une première mondiale [...] Nous venons de montrer que nous sommes capables de prendre en compte la protection de l'océan dans son entier et de ne pas nous enfermer dans nos limites juridiques », a commenté M. Borloo. Et le ministre de l'Écologie français de souligner que cette concorde constituait « l'un des engagements du Grenelle de la Mer ». « Sur cette dimension internationale il était crucial de progresser rapidement », a-t-il ajouté.

Greenpeace en colère

Si l'avancée est effectivement significative la majorité des pays ont cependant rejeté l'ambitieuse proposition allemande de moratoire sur les forages pétroliers en eaux profondes. En l'occurrence la nécessité de préserver les intérêts économiques a manifestement prévalu dans l'esprit de certains – le Danemark, la Grande-Bretagne et la Norvège aux dires de Greenpeace. L'association tient le trio pour responsable de cet épilogue il est vrai imparfait du point de vue environnemental malgré les déclarations très enthousiastes de M. Borloo. Elle a de fait annoncé sur son site Internet que ses actions allaient continuer.

L'ONG continue de se montrer intraitable sur les forages pétroliers offshore. Elle a dénoncé un « manque de courage politique de la part des pays impliqués » et se dit même « prête à intenter une action en justice contre le gouvernement de David Cameron pour l'empêcher de délivrer de nouveaux permis de forages profonds ». Une telle entreprise a-t-elle réellement des chances d'aboutir ? Les avocats de Greenpeace sont en tout cas déjà passés à la vitesse supérieure, « envoyant le mois dernier aux ministres une « lettre avant action » », a précisé l'organisation.

Sa détermination est donc intacte et rendue compréhensible par le désastre de Deep Water Horizon. Le moratoire qu'elle réclame ne sera cependant de toute évidence pas signé dans l'immédiat. Quant à la création à venir de six zones marines protégées, elle est un premier pas objectivement encourageant vers la rédemption écologique. Même si les défenseurs de l'environnement dans leur ensemble pouvaient bel et bien espérer encore mieux.

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Crédit photo : Wikimedia Commons - flyTime