C'était la nouvelle de l'heure la semaine dernière: après des mois et des mois d'incertitudes et de tractations diplomatiques dans les couloirs, la Cites(Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées), réunie à Doha (Qatar), a choisi de refuser de suivre la proposition de Monaco, appuyée par la plupart des associations non gouvernementales telles le WWF et Greenpeace ,d'interdire la pêche industrielle du thon rouge (thunnus thynnus) et d'inscrire l'espèce à l'Annexe 1 des espèces menacées et ce, par un vote sans appel de 68 voix contre 20.

Pourtant la proposition de Monaco ne visait pas l'interdiction pure et dure de la pêche, mais une suspension du commerce international du thon rouge en Méditerranée et dans l'océan Atlantique pendant 5 à 10 ans. Dans les conditions actuelles de pêche, ceci s'avérait être une bonne initiative, puisqu'elle aurait non seulement permis le renouvellement des stocks par le renouvellement des troupeaux, mais aussi d'amener un changement de comportement de la part des pays pêcheurs et consommateurs.
Depuis 1970, en effet, la population de thon a diminué de 82 % dans l'océan Atlantique.
Le Japon principal opposant au projet, et consommateur de 80 % du thon rouge mondial a déployé tout son savoir-faire diplomatique, pour rallier à lui les pays indécis ou opposé à cette ratification tel le Canada ou les pays pêcheurs et bénéficiaires de la pêche. L'Union Européenne a une nouvelle fois démontré les insuffisances de sa diplomatie puisque les 27 n'ont pas réussi à s'entendre sur une position commune.
Cependant le Japon est malgré tout conscient de la raréfaction de ce poisson et sait qu'il lui faudra s'adapter à une nouvelle réalité. De plus, les pays opposants sont décidés à retenter leur chance très bientôt pour faire classer le thon en Annexe 2. De nouvelles joutes en perspective !!











